1. Introduction : Le jour où tout s'est effondré
Septembre 2023. Une PME industrielle romande, CHF 15M de CA, 45 collaborateurs.
Le CEO reçoit un email à 18h47 un vendredi :
"Bonjour, je te confirme ma démission. Mon dernier jour sera dans un mois. Merci pour ces années. Cordialement, Marc."
Marc = le COO. Celui qui pilote les opérations depuis 6 ans. Celui qui connaît tout. Celui sans qui "rien ne tourne".
Lundi matin, 9h. Réunion de crise.
Le CEO réalise l'ampleur du problème :
- Marc gérait 25 personnes (la moitié de l'entreprise)
- Marc pilotait la supply chain, la production, la qualité
- Marc était le seul à connaître les process critiques
- Marc avait toute la relation avec les 3 plus gros clients
Et personne n'est prêt à reprendre.
Résultat, 3 mois plus tard :
- 4 départs clés (équipe qui panique)
- 2 gros clients perdus (CHF 3M de CA)
- Retards de livraison (pénalités)
- CEO en burnout (70h/semaine, hospitalisé 1 semaine)
- Board qui s'impatiente
Coût total : CHF 800K de valeur détruite + 9 mois de chaos.
Ce scénario est n'est pas isolé.
Selon le Swiss Venture Capital Report 2024 (Startups.ch & SECA), 68% des scale-ups suisses connaissent une crise de leadership dans les 18 mois suivant un événement de transition (levée de fonds, départ clé, pivot stratégique).
Une étude de digitalswitzerland (2023) révèle que 73% des PME suisses ont traversé au moins une "période de transition critique" au cours des 5 dernières années. Et dans 71% des cas, c'est la capacité du leadership à absorber le choc qui a été le facteur limitant, pas la stratégie.
La transition est un test de maturité organisationnelle.
Toute organisation traverse tôt ou tard une phase critique :
- Hyper-croissance : +100% CA en 18 mois
- Transformation digitale : refonte du business model
- M&A : acquisition ou fusion
- Changement d'actionnaire : entrée VC, rachat, transmission
- Départ d'un membre clé : CEO, COO, CTO, CFO
- Pivot stratégique : changement de marché ou de produit
- Succession familiale : transmission générationnelle
Et dans 7 cas sur 10, ce n'est pas la stratégie qui casse… c'est la capacité du leadership à absorber le choc.
Conséquences typiques d'une transition mal gérée :
Selon une enquête de la HES-SO (2023) auprès de 180 PME romandes ayant traversé une transition :
- Surcharge mentale du CEO : 82% des CEOs rapportent un niveau de stress "élevé ou très élevé"
- Équipes qui se sentent abandonnées : 67% des collaborateurs déclarent "ne plus savoir où on va"
- Décisions qui s'allongent : temps de décision moyen multiplié par 2.3
- Tensions internes : 54% rapportent une augmentation des conflits
- Perte de talents : turnover moyen de 24% vs 11% en temps normal
- Perte d'opportunités : 43% rapportent avoir raté des deals importants
Idée clé : Une transition mal gérée détruit de la valeur. Une transition sécurisée crée un avantage durable.
Une étude de l'IMD Business School (Lausanne, 2024) montre que les entreprises qui sécurisent leur leadership pendant les transitions ont :
- 2.4x plus de chances de réussir la transition
- Un turnover 3x inférieur (8% vs 24%)
- Une croissance 1.8x supérieure dans les 12 mois post-transition
Dans cet article, nous explorons pourquoi le leadership devient un goulot d'étranglement en période de transition, et comment un renfort exécutif temporaire peut sécuriser la période et créer de la valeur.
2. Pourquoi le leadership devient un goulot d'étranglement en période de transition
2.1. Les dirigeants sont happés dans l'opérationnel
Le problème :
Pendant une transition, le CEO se retrouve à arbitrer tout : projets, conflits, recrutements, budget, risques, communication interne, relation board. Les équipes attendent des réponses → ralentissement. Le CEO n'a plus de bande passante pour la vision, les clients ou les investisseurs.
Exemple concret : Scale-up SaaS en hyper-croissance
Une scale-up SaaS romande (CHF 5M ARR, +180% YoY, 40 personnes) venait de lever CHF 8M en Series A auprès d'un VC européen.
Objectif de la levée : Doubler l'équipe en 12 mois (40 → 80 personnes) et lancer l'expansion européenne (Allemagne, UK).
Réalité, 6 mois plus tard :
Le CEO passait :
- 40% de son temps en recrutement (50 postes à pourvoir, 200 CVs à traiter, 80 entretiens)
- 30% à éteindre des feux opérationnels (bugs produit critiques, clients mécontents, conflits internes entre sales et produit)
- 20% en reporting investisseurs (boards mensuels, KPIs, forecasts, questions stratégiques)
- 10% sur la stratégie et le développement commercial
Conséquence :
- Expansion européenne : 0% d'avancement (aucun client signé en Allemagne/UK, aucune présence terrain)
- Recrutements : 40% de taux d'échec (16 personnes parties en période d'essai sur 40 recrutées, coût CHF 480K)
- Équipe démotivée : "On ne voit plus jamais le CEO, il ne participe plus aux all-hands"
- Investisseurs inquiets : "Où est la vision ? Où est le plan Europe ?"
- CEO en burnout : 65h/semaine, sommeil fragmenté, anxiété chronique
Ce qui manquait : Un COO ou un Head of Ops pour absorber l'opérationnel (recrutement, gestion d'équipe, résolution de conflits) et libérer le CEO pour la stratégie et l'expansion européenne.
Données chiffrées sur la charge CEO en période de transition :
Selon une étude de l'Université de St-Gallen (2023) portant sur 150 CEOs de scale-ups suisses :
- En temps normal : CEO passe 60% sur stratégie, 40% sur opérationnel
- En période de transition : CEO passe 25% sur stratégie, 75% sur opérationnel
- Temps de travail hebdomadaire : passe de 50h/semaine à 65h/semaine (+30%)
- Niveau de stress : 78% des CEOs rapportent un niveau "élevé ou insoutenable"
Impact sur la performance :
- Taux de complétion des OKRs stratégiques : passe de 68% à 32%
- Temps de décision : multiplié par 2.4
- Turnover équipe de direction : 3.2x supérieur
2.2. Le middle management n'est pas encore dimensionné
Le problème :
Dans beaucoup d'organisations suisses (PME et scale-ups), le middle management n'est pas assez structuré pour absorber un changement majeur. Les managers sont :
- Promus trop vite (par manque d'alternative)
- Pas formés au management (excellents ICs promus managers)
- Pas préparés à gérer la complexité d'une transition
Exemple concret : PME de services en transformation digitale
Une PME de services genevoise (CHF 12M CA, 35 personnes, 25 ans d'existence) décide de se transformer digitalement : refonte du business model, développement d'une plateforme SaaS, pivot du on-premise vers le cloud.
Organisation avant transition :
- CEO + 3 "managers" (en réalité des experts techniques, pas des managers)
- Aucun d'entre eux n'a d'expérience en transformation digitale
- Aucun process de pilotage (pas de comex structuré, pas de rituels)
6 mois après le lancement de la transformation :
Les 3 managers sont débordés :
- Manager 1 (ex-expert technique) : ne sait pas comment gérer son équipe en période de changement (résistances, peurs, incompréhensions)
- Manager 2 (ex-commercial) : ne comprend pas la roadmap technique et ne peut pas la défendre auprès de ses équipes
- Manager 3 (ex-administratif) : submergé par les nouveaux process (Agile, sprints, OKRs) qu'il ne maîtrise pas
Résultat :
- Toutes les décisions remontent au CEO
- Les 3 managers deviennent des "transmetteurs de messages" au lieu de décideurs
- L'équipe se sent abandonnée : "Nos managers ne savent pas nous aider"
- Turnover : 28% en 12 mois (vs 11% normal)
Ce qui manquait : Un COO ou un Transformation Manager pour :
- Former les 3 managers au pilotage de la transformation
- Installer les rituels de pilotage (comex, reporting, communication)
- Absorber les décisions opérationnelles
- Libérer le CEO
Données sur le middle management en Suisse :
Selon le Baromètre du management 2023 (ZHAW School of Management) :
- 42% des middle managers suisses se disent "pas suffisamment formés" pour gérer une période de transition
- 56% rapportent un manque de soutien de la direction pendant les phases critiques
- 68% aimeraient avoir un coach ou un mentor pendant les transitions
Impact :
- Turnover des middle managers : 19% (vs 11% pour l'ensemble des collaborateurs)
- Burnout : 23% des middle managers rapportent des symptômes de burnout
2.3. Les process ne sont pas conçus pour l'exceptionnel
Le problème :
Le quotidien est déjà chargé. La transition ajoute +30 à +50% de complexité temporaire (nouveaux projets, nouveaux process, nouvelles contraintes, nouvelle organisation).
Sans renfort : saturation → erreurs → frustration → turnover.
Exemple concret : Fintech en phase M&A
Une fintech zurichoise (CHF 8M CA, 30 personnes) est rachetée par un groupe bancaire européen. L'acquisition doit être finalisée en 6 mois.
Charge de travail supplémentaire pendant la période M&A :
- Due diligence (finance, legal, tech) : environ 400 heures sur 3 mois, principalement portée par le CEO, le CFO et le CTO.
- Négociation des contrats : environ 150 heures, portée par le CEO et l’avocat.
- Integration planning : environ 300 heures, portée par le CEO et le CTO.
- Communication interne (rassurer les équipes) : environ 100 heures, portée par le CEO.
- Reporting à l’acquéreur : environ 200 heures sur 6 mois, porté par le CFO.
- Maintien de l’opérationnel : 100% du temps normal, porté par toute l’équipe.
Total charge supplémentaire : 1'150 heures sur 6 mois = 48 jours de travail supplémentaires.
Problème : Le CEO, CFO et CTO doivent absorber cette charge en plus de leur travail normal.
Résultat :
- CEO : 70h/semaine pendant 6 mois
- CFO : burnout au mois 4, arrêt maladie 3 semaines
- CTO : démission au mois 5 (épuisé + offre concurrente)
- Équipe : 5 départs (33% turnover en 6 mois)
- Due diligence : retards, documents incomplets, acquéreur qui s'impatiente
Ce qui manquait : Un M&A Integration Manager ou un COO externe pour :
- Piloter la due diligence (coordination documents, Q&A)
- Gérer l'integration planning
- Absorber le reporting acquéreur
- Libérer CEO/CFO/CTO pour le stratégique
Coût du chaos : CHF 600K (turnover + retards + pénalités contractuelles)
Source : Données anonymisées, mission C-Exec 2024.
Données sur la charge de travail en période de transition :
Selon une étude de la HES-SO (2023) :
- Charge de travail moyenne pendant une transition : +42% vs temps normal
- Heures hebdomadaires moyennes : passe de 48h à 68h/semaine
- 83% des équipes rapportent un sentiment de "surcharge"
- Erreurs opérationnelles : +56% pendant les transitions
2.4. L'incertitude crée une perte d'alignement
Le problème :
Pendant une transition, l'incertitude génère :
- Rumeurs : "On va se faire racheter", "Il va y avoir des licenciements", "Le CEO va partir"
- Incompréhensions : "Pourquoi on fait ça ?", "C'est quoi la nouvelle stratégie ?"
- Résistances : "Ça ne marchera jamais", "Avant c'était mieux"
- Comportements défensifs : silos, inertie, "ce n'est pas mon job"
Résultat : L'équipe ne sait plus ce qui compte. Chacun tire dans une direction différente.
Exemple concret : Transmission familiale
Une PME industrielle neuchâteloise (CHF 20M CA, 65 personnes, 3e génération) prépare sa transmission : le père (68 ans) passe la main à son fils (42 ans).
Problème : La transmission est annoncée, mais pas claire.
Rumeurs qui circulent :
- "Le père ne veut pas vraiment partir, il va garder le contrôle"
- "Le fils n'a pas la légitimité, les anciens ne vont pas l'écouter"
- "Il va y avoir des licenciements pour réduire les coûts"
- "On va se faire racheter par un groupe étranger"
Comportements observés :
- Équipe divisée : les "pro-père" (anciens) vs les "pro-fils" (jeunes)
- Silos : chaque département se replie sur lui-même, refuse de collaborer
- Inertie : "Attendons de voir ce qu'il va décider" → aucune initiative
- Résistance passive : "On a toujours fait comme ça" → refus de changer
Impact sur la performance :
- Projets bloqués : 3 projets stratégiques en standby depuis 8 mois
- Turnover : 22% en 18 mois (14 départs, dont 3 cadres clés)
- EBITDA : -15% en 18 mois
Ce qui manquait : Un médiateur externe / COO intérimaire pour :
- Clarifier les rôles père/fils (RACI, timeline de passation)
- Communiquer de manière transparente à l'équipe
- Apaiser les tensions
- Réaligner tout le monde sur les priorités
Données sur l'alignement en période de transition :
Selon le Baromètre de la confiance en entreprise 2024 (gfs.bern pour digitalswitzerland) :
- 67% des collaborateurs déclarent "ne pas comprendre la stratégie" pendant une transition
- 54% rapportent des tensions accrues avec leurs collègues ou managers
- Engagement : baisse de 28% pendant les transitions
- Productivité : baisse estimée de 18-25%
3. Les risques d'une transition sans leadership renforcé
3.1. Décisions trop lentes → opportunités perdues
Le problème :
Un arbitrage qui prend 3 mois peut faire perdre :
- Un deal critique (client qui va chez un concurrent)
- Un candidat clé (qui accepte une autre offre)
- Un projet stratégique (window of opportunity manquée)
- Un partenariat (partenaire qui se lasse d'attendre)
Exemple concret : Scale-up qui rate son expansion internationale
Une scale-up SaaS B2B romande (CHF 6M ARR) préparait son expansion en Allemagne. Un distributeur allemand majeur (potentiel CHF 2M ARR) les contacte pour un partenariat.
Demande du distributeur : "On veut une réponse sous 6 semaines, sinon on va voir vos concurrents."
Réalité chez la scale-up :
- CEO débordé par une transformation interne (refonte produit + recrutements)
- Pas de Head of Partnerships
- Décision bloquée : faut-il accepter ? À quelles conditions ? Qui pilote ?
Timeline :
- Semaine 1-2 : CEO "va y réfléchir"
- Semaine 3-4 : Discussions internes (sales vs produit vs finance, désaccords)
- Semaine 5-6 : CEO toujours pas décidé
- Semaine 7 : Distributeur annonce qu'il signe avec un concurrent
Coût de l'opportunité perdue : CHF 2M ARR = CHF 20M de valorisation perdue (en valorisation 10x ARR)
Ce qui manquait : Un COO ou un Head of Partnerships pour :
- Analyser l'opportunité rapidement (due diligence partenaire)
- Préparer une recommandation (go/no-go avec conditions)
- Présenter au CEO pour décision finale
- Négocier et closer
Source : Données anonymisées, étude de cas 2024.
Données sur la vitesse de décision :
Selon une étude de l'Université de Lausanne (UNIL) - Faculté HEC (2023) :
- Temps de décision moyen en temps normal : 2.1 semaines
- Temps de décision moyen en période de transition : 5.4 semaines (2.6x plus lent)
- 43% des entreprises rapportent avoir raté au moins une opportunité majeure à cause de décisions trop lentes pendant une transition
3.2. Équipe en surchauffe → départs critiques
Le problème :
Le stress, l'incertitude et le manque de clarté déclenchent des départs imprévus : sales performers, experts techniques, tech leads, managers clés.
Le coût réel d'un départ clé :
Selon l'Office fédéral de la statistique (OFS) (2023), le coût moyen d'un départ en Suisse est de :
- 1 à 2x le salaire annuel pour un profil junior/intermédiaire
- 2 à 3x le salaire annuel pour un profil senior/expert
- 3 à 5x le salaire annuel pour un cadre clé
Décomposition du coût :
- Recrutement : CHF 15-40K (fees recruteur 15-25% du salaire, temps passé en interne)
- Perte de productivité pendant la transition : 3-6 mois à productivité réduite
- Onboarding du remplaçant : 3-6 mois avant productivité complète
- Perte de connaissance critique : process, relations clients, expertise technique (inestimable)
Exemple concret : Fintech qui perd son Head of Sales
Une fintech zurichoise (35 personnes) traversait une transformation post-levée (CHF 5M Series A). Le Head of Sales (dans l'entreprise depuis 3 ans, salaire CHF 150K/an) démissionne.
Raison du départ : "Je ne comprends plus où on va. Trop de changements, trop vite, aucune clarté sur les priorités. Je suis épuisé."
Coût total estimé du départ :
- Recrutement du remplaçant (fees agence 20%) : CHF 30K.
- Temps CEO/CFO consacré au recrutement (100h x CHF 300/h) : CHF 30K.
- Perte de productivité commerciale pendant 6 mois (pipeline gelé) : environ CHF 200K de deals non fermés.
- Onboarding du nouveau Head of Sales (6 mois de sous-productivité) : environ CHF 75K.
Total estimé : CHF 335K, soit environ 2,2x le salaire annuel (sur la base d’un salaire à CHF 150K/an).
Le pire : Le départ du Head of Sales a déclenché 3 autres départs dans l'équipe sales (effet domino : "Si lui part, c'est qu'il y a un problème").
Coût total cascade : CHF 800K + 9 mois de reconstruction de l'équipe sales.
Ce qui aurait pu éviter ça : Un COO externe pour :
- Absorber la complexité de la transformation
- Clarifier les priorités et la roadmap
- Rassurer l'équipe et maintenir l'alignement
- Libérer le CEO pour être présent auprès de ses N-1
Source : Office fédéral de la statistique (OFS) 2023 + données anonymisées C-Exec 2024.
Données sur le turnover en période de transition :
Selon digitalswitzerland (étude 2023) :
- Turnover moyen PME suisses : 11%/an (temps normal)
- Turnover moyen pendant une transition : 24%/an (2.2x supérieur)
- Turnover équipes de direction : 32%/an pendant transitions (3x supérieur)
- Coût annuel du turnover excessif pour une PME de 40 personnes : CHF 400-800K
3.3. Perte de crédibilité auprès du board / investisseurs
Le problème :
Le manque de contrôle ou l'impréparation donnent l'impression d'un leadership "en réaction", pas en maîtrise. Les investisseurs/actionnaires perdent confiance.
Exemple concret : Scale-up qui perd la confiance de ses investisseurs
Une scale-up medtech genevoise (CHF 8M levés en Series A) entre en phase de scale : objectif passer de 25 à 60 personnes en 18 mois et lancer le produit en Allemagne.
Board meetings (premiers 6 mois post-levée) :
Board #1 (M+1) :
- Investisseurs : "Quel est le plan de recrutement ?"
- CEO : "On va recruter 35 personnes sur 18 mois"
- Investisseurs : "OK, tenez-nous au courant"
Board #2 (M+4) :
- Investisseurs : "Où en êtes-vous sur les recrutements ?"
- CEO : "On a recruté 8 personnes, mais 3 sont déjà parties. On a du mal à trouver des bons profils."
- Investisseurs : "Vous devriez être à 12 personnes recrutées. Qu'est-ce qui bloque ?"
- CEO : "Je n'ai pas le temps de gérer ça, je suis seul"
Board #3 (M+7) :
- Investisseurs : "Où en êtes-vous ? Vous deviez être à 40 personnes, vous êtes à 28."
- CEO : "On a raté nos objectifs. Le turnover est élevé (30%). Je suis débordé."
- Investisseurs : 😟 "On commence à s'inquiéter. Vous avez besoin d'aide ?"
- CEO : "Je vais me débrouiller"
Board #4 (M+10) :
- Investisseurs : 😠 "Vous êtes à 30 personnes au lieu de 50. Le lancement Allemagne est reporté de 6 mois. Votre CFO vient de démissionner. On a un problème sérieux."
- Lead investor : "On va mettre en place un plan de sauvetage. Vous acceptez un COO externe imposé par le board ?"
Résultat :
- Perte de confiance totale
- CEO dessaisi d'une partie de ses responsabilités
- COO externe imposé (coût CHF 200K sur 12 mois)
- Dilution supplémentaire lors du tour suivant (down round)
Ce qui aurait dû être fait dès le départ : Recruter un COO ou un Head of Ops avant la levée ou immédiatement après, financé par la levée.
Données sur la confiance investisseurs :
Selon le Swiss Venture Capital Report 2024 (Startups.ch & SECA) :
- 41% des investisseurs citent "l'incapacité à scaler l'équipe" comme raison principale d'échec post-Series A
- 38% des down rounds sont dus à des problèmes d'exécution, pas de stratégie
- Temps moyen pour perdre la confiance des investisseurs : 6-9 mois de sous-performance
3.4. Dilution de la stratégie
Le problème :
Sans pilotage clair, chacun tire dans une direction différente. L'entreprise peut sortir de la transition plus faible qu'avant.
Exemple concret : PME de services qui se disperse
Une PME de conseil en IT vaudoise (CHF 10M CA, 40 personnes) décide de pivoter vers le SaaS (développement d'une plateforme).
Stratégie annoncée : "On garde nos activités de conseil (80% CA) et on développe notre plateforme SaaS (objectif 20% CA d'ici 2 ans)"
Réalité, 18 mois plus tard :
Chaque département a interprété la stratégie à sa façon :
- Équipe conseil : "On continue comme avant, le SaaS c'est pas notre job"
- Équipe tech (recrutée pour le SaaS) : "On développe le SaaS, le conseil on s'en fout"
- Équipe sales : "On vend les 2, mais on ne sait pas vraiment comment pitcher le SaaS"
- Équipe finance : "On alloue 50% du budget au SaaS" (alors que la stratégie disait 20%)
Résultat :
- Activité conseil : -15% CA (équipe démotivée, clients négligés)
- Activité SaaS : CHF 400K CA (au lieu des CHF 2M prévus)
- Dilution totale : l'entreprise n'est plus ni un bon cabinet de conseil, ni une bonne SaaS
- EBITDA : -22%
- Perte de 8 collaborateurs clés (turnover 20%)
Ce qui manquait : Un COO ou un Transformation Manager pour :
- Clarifier la stratégie et les priorités (% ressources, % budget, timeline)
- Aligner toutes les équipes sur la même vision
- Piloter la transformation avec des KPIs clairs
- Arbitrer les conflits de ressources
Données sur la dilution stratégique :
Selon l'IMD Business School (Lausanne, 2024) :
- 58% des entreprises en transformation rapportent une "perte de clarté stratégique"
- Impact sur la performance : CA -12% en moyenne, EBITDA -18%
- Durée moyenne pour retrouver la clarté : 12-18 mois (si pilotage externe), 24-36 mois (si interne seulement)
4. Le levier : un renfort exécutif temporaire pour absorber la complexité
4.1. Le rôle du renfort exécutif (COO / CFO / Head of Ops / Programme Director)
Un renfort exécutif temporaire agit comme :
🛡️ Stabilisateur
- Absorbe la charge opérationnelle pour éviter l'explosion
- Prend en main les chantiers complexes (transformation, restructuration, M&A)
- Sécurise les process critiques
🔍 Clarificateur
- Remet de la lisibilité dans les priorités
- Clarifie les rôles et responsabilités (RACI)
- Rétablit la communication et la transparence
⚡ Accélérateur
- Prend les décisions bloquées depuis des semaines
- Débloque les projets en standby
- Installe des rituels de pilotage efficaces
🧘 Tampon émotionnel
- Réduit la charge psychologique sur le CEO
- Rassure les équipes (présence, stabilité, écoute)
- Apaise les tensions internes
4.2. Ce qu'un renfort exécutif fait concrètement : Les 30 premiers jours
Semaine 1 (Jours 1-7) : Diagnostic + Stabilisation
Jour 1-2 : Immersion
- Rencontre CEO + comex (si existant)
- Accès à tous les documents clés (organigramme, budgets, projets en cours, boards précédents)
- Identification des 3-5 risques critiques immédiats
Jour 3-4 : Diagnostic terrain
- Entretiens 1-on-1 avec les 10-15 personnes clés (N-1, managers, experts)
- Questions clés : "Qu'est-ce qui te bloque ?", "Qu'est-ce qui te stresse ?", "Qu'est-ce qui devrait être prioritaire ?"
- Identification des blocages, frustrations, zones grises
- Cartographie des projets critiques (Rouge/Orange/Vert)
Jour 5-7 : Stabilisation immédiate
- Arbitrage des 2-3 décisions les plus bloquantes (décisions prises en 48h)
- Clarification RACI sur les 5 projets critiques ("Qui décide quoi ?")
- Mise en place comité de pilotage hebdomadaire (45 min, chaque lundi 9h, non négociable)
- Communication interne : email CEO + renfort exécutif ("Voici le plan, voici qui fait quoi")
Semaine 2-3 (Jours 8-21) : Clarification + Priorisation
Actions :
- Communication interne transparente : all-hands (15 min), email hebdomadaire, 1-on-1 avec les personnes clés
- Définition des 3 priorités trimestrielles (OKRs) : stop à la dispersion, focus sur l'essentiel
- Sécurisation des process critiques : documentation (wiki interne), identification des SPOF (Single Points of Failure), mise en place de backups
- Résolution des conflits internes : médiation entre équipes/personnes, recadrage si nécessaire
- Installation rituels de pilotage : weekly comex (45 min), monthly all-hands (30 min), 1-on-1 managers (bi-weekly)
Résultat attendu :
- Équipe qui retrouve de la visibilité
- Décisions qui s'accélèrent (de 3 semaines à 1 semaine)
- CEO qui récupère 30-40% de son temps
Semaine 4 (Jours 22-30) : Accélération
Actions :
- Déblocage des projets prioritaires : ressources allouées, responsables assignés, timeline définie
- Recrutements urgents relancés : process accéléré, décisions rapides
- Préparation du board : reporting structuré, KPIs clairs, message rassurant
- Formation des N-1 au pilotage : coaching, templates, rituels
Résultat attendu :
- Organisation stabilisée
- Stress opérationnel qui retombe
- CEO qui peut se recentrer sur la stratégie
- Board rassuré ("Enfin, on reprend le contrôle")
À J+30, l'effet est visible :
Selon une étude interne C-Exec (2023-2024) portant sur 15 missions de renfort exécutif :
✅ Décisions 3x plus rapides : de 3 semaines à 1 semaine en moyenne
✅ CEO libéré : récupère 40-60% de son temps
✅ Équipe apaisée : niveau de stress rapporté baisse de 42%
✅ Board rassuré : "Enfin on voit un plan clair"
✅ Turnover stabilisé : baisse de 24% à 12% dans les 3 mois suivants
4.3. L'effet immédiat sur l'organisation
Impact 1 : Décisions plus rapides
Avant renfort :
- Temps de décision moyen : 3-5 semaines
- Décisions bloquées : 8-12 en attente
- CEO : débordé, pas le temps de traiter
Après renfort (J+30) :
- Temps de décision moyen : 1 semaine
- Décisions bloquées : 0-2
- CEO : peut se concentrer sur les décisions stratégiques
Impact 2 : Stress opérationnel qui retombe
Avant renfort :
- CEO : 70h/semaine, niveau de stress 9/10
- Équipe : "On ne sait plus où on va", stress élevé
- Turnover : 24%/an
Après renfort (J+30-60) :
- CEO : 55h/semaine, niveau de stress 6/10
- Équipe : "Enfin on a de la clarté", stress modéré
- Turnover : 12%/an (stabilisation)
Impact 3 : L'équipe retrouve un point d'ancrage
Témoignage anonyme (Head of Engineering, scale-up tech) :
"Avant l'arrivée du COO externe, on était perdus. Le CEO était débordé, on ne le voyait plus. Personne ne savait ce qui était prioritaire. On avançait à l'aveugle.
Depuis son arrivée, tout est clair. On a des priorités claires (3 max). On a des rituels de pilotage (weekly, monthly). Les décisions sont prises rapidement. On retrouve confiance."
Impact 4 : Le CEO récupère 40-60% de son temps
Répartition du temps CEO :
- Opérationnel (urgences, arbitrages, validation) : on passe typiquement d’environ 70% du temps du CEO avant renfort à environ 20% après renfort.
- Structuration (process, gouvernance, recrutements) : on passe d’environ 10% avant à environ 5% après, car une partie est déléguée au renfort.
- Stratégie (vision, développement commercial, investisseurs) : on passe d’environ 20% avant à environ 75% après.
Résultat : Le CEO peut enfin faire son job de CEO.
Impact 5 : Le board retrouve confiance
Avant renfort :
- Board : "On ne comprend plus où vous allez"
- Board : "Vos KPIs sont dans le rouge depuis 6 mois"
- Board : "Vous avez besoin d'aide ?"
Après renfort (J+60-90) :
- Board : "Enfin un plan clair et des progrès tangibles"
- Board : "Les KPIs se redressent"
- Board : "On retrouve confiance"
5. Ce qu'apporte un renfort temporaire que l'interne ne peut généralement pas faire
5.1. Neutralité et objectivité
Le problème de l'interne :
Un collaborateur interne a :
- Un historique (alliances, conflits passés)
- Des enjeux politiques ("Si je dis ça, je vais me mettre X à dos")
- Des loyautés (envers certaines personnes/équipes)
- Des angles morts ("On a toujours fait comme ça")
L'avantage de l'externe :
Il n'a aucun historique, aucun enjeu politique interne → décisions plus claires, plus rapides, plus justes.
Exemple concret :
Dans une PME familiale en transition générationnelle, le père et le fils étaient en conflit sur la stratégie. Les 3 directeurs internes étaient divisés :
- 2 directeurs "pro-père" (anciens, loyaux)
- 1 directeur "pro-fils" (jeune)
Résultat : Aucune décision ne passait. Tout était bloqué.
L'arrivée d'un COO externe a permis :
- De médiatiser les conflits (neutre, pas de camp)
- De trancher sur la base des données, pas des opinions
- De recadrer les comportements politiques ("On arrête les jeux, on se concentre sur le business")
Résultat : Déblocage en 6 semaines.
5.2. Capacité à absorber des chantiers lourds
Le problème de l'interne :
Recruter, restructurer, pivoter, gérer une M&A, transformer... ce sont des chantiers lourds qui demandent :
- Du temps (que l'interne n'a pas)
- De l'expertise (que l'interne n'a souvent pas)
- De la bande passante (l'interne doit aussi gérer son quotidien)
L'avantage de l'externe :
Il est dédié à 100% sur le chantier. Il a l'expertise (10-20 ans d'expérience sur ce type de projets). Il a la bande passante.
Exemple concret : Fintech en phase M&A
Une fintech zurichoise (30 personnes) était en cours d'acquisition. Le CEO et le CFO devaient gérer :
- La due diligence (400h de travail)
- La négociation (150h)
- L'integration planning (300h)
- Le maintien de l'opérationnel (100% du temps normal)
Solution : Recrutement d'un M&A Integration Manager externe (4 mois, 3j/semaine).
Il a absorbé :
- 80% de la due diligence (coordination documents, Q&A acquéreur)
- 100% de l'integration planning
- 60% du reporting acquéreur
Résultat :
- CEO et CFO libérés pour le stratégique
- Due diligence bouclée en temps et en heure
- Zéro départ clé pendant la période
- Acquisition finalisée avec succès
5.3. Rapidité d'action
Le problème de l'interne :
Si vous recrutez un COO permanent :
- 3-6 mois de recrutement (sourcing, entretiens, négociation)
- 3-6 mois d'onboarding (comprendre l'entreprise, l'équipe, les process)
- Total : 6-12 mois avant qu'il soit vraiment opérationnel
L'avantage de l'externe :
Il est opérationnel en 48h.
Pas de phase de recrutement. Pas (ou peu) d'onboarding. Il arrive, il diagnostique, il agit.
Selon l'étude C-Exec (2023-2024) :
- Temps moyen avant premier impact : 7 jours
- Temps moyen avant impact significatif : 30 jours
5.4. Réassurance pour l'équipe
Le problème de l'interne :
Pendant une transition chaotique, l'équipe a besoin :
- D'un point d'ancrage stable
- D'un interlocuteur disponible et à l'écoute
- De quelqu'un qui peut aider et trancher
Si le CEO est débordé, l'équipe se sent abandonnée.
L'avantage de l'externe :
Il est présent, stable, disponible. Il devient le point de contact pour l'équipe.
Témoignage anonyme (Manager, PME en transformation) :
"Pendant la transformation, le CEO était invisible. On avait des questions, des problèmes, mais il n'avait jamais le temps. On se sentait abandonnés.
L'arrivée du COO externe a tout changé. Il était là, disponible, à l'écoute. On pouvait lui poser nos questions. Il nous aidait à débloquer les situations. On se sentait soutenus."
6. Cas pratiques
Cas #1 : PME industrielle (transition générationnelle)
Contexte :
- Secteur : Industrie (manufacturing de précision)
- CA : CHF 18M
- Équipe : 60 personnes
- Localisation : Neuchâtel
- Transition : Père (65 ans) → Fille (38 ans)
Problème :
La transmission était bloquée depuis 3 ans :
Tensions père/fille :
- Le père ne lâchait pas : micro-management, veto sur toutes les décisions de la fille
- La fille se sentait illégitime : "Personne ne me respecte, je suis juste 'la fille du patron'"
- Conflit ouvert sur la stratégie : père veut maintenir le status quo, fille veut digitaliser et exporter
Middle management divisé :
- 3 directeurs (58-62 ans) : loyaux au père, résistent à la fille
- Refusent de reporter à la fille : "On attend les instructions du patron"
Impact sur l'organisation :
- Perte de repères : "C'est qui le chef ?"
- Turnover en hausse : 18% en 18 mois (vs 11% normal PME suisse)
- Décisions bloquées : 2 projets stratégiques en standby depuis 6 mois (digitalisation supply chain + export Allemagne)
- EBITDA en baisse : -12% sur 18 mois
- Clients qui s'inquiètent : "Vous allez continuer à livrer ?"
Intervention (COO externe, 3j/semaine, 6 mois) :
Mois 1-2 : Médiation + Clarification
Actions :
- Médiation père/fille : 4 sessions de travail (2h chacune)
- Clarification des attentes réciproques
- Définition des rôles : père = conseil stratégique + clients clés, fille = direction opérationnelle
- Timeline de passation progressive (12 mois)
- Installation comex structuré : fille (présidente) + 3 directeurs + COO externe
- Rituels clairs : weekly 45 min, monthly avec le père (advisory)
- Clarification RACI sur tous les projets et décisions
- Communication interne : all-hands avec père + fille ensemble ("Voici le plan de transmission")
Mois 3-4 : Structuration
Actions :
- Plan stratégique 12 mois co-construit père/fille
- Objectifs clairs : maintenir CA + lancer export Allemagne + digitaliser supply chain
- Mise en place KPIs et dashboard (finance, ops, commercial)
- Restructuration RH :
- Départ d'1 directeur (résistance passive, refus de collaborer)
- Promotion de 2 talents internes (nouvelle génération)
- Communication interne régulière : roadshow équipes, transparence sur le plan
Mois 5-6 : Autonomisation
Actions :
- Formation de la fille au pilotage : coaching (1h/semaine)
- Passation progressive : COO externe réduit à 1j/semaine
- Recrutement d'un CFO permanent (la fille avait besoin d'un bras droit)
Résultat après 6 mois :
✅ Transition apaisée : père a accepté de lâcher progressivement
✅ Fille légitime : soutien du comex et de l'équipe (NPS interne : 7.5/10)
✅ Décisions débloquées : 2 projets stratégiques relancés et en cours
✅ Turnover divisé par 2 : de 18% à 9%
✅ EBITDA +14% sur 12 mois (redressement spectaculaire)
✅ Export Allemagne : premiers clients signés (CHF 800K de CA)
Coût de l'intervention : CHF 72K (6 mois x CHF 12K/mois)
ROI :
- EBITDA +14% = CHF 400K+ de valeur créée
- Évitement du chaos (coût estimé CHF 1M+)
- ROI : 5-15x l'investissement
Cas #2 : Scale-up tech (départ surprise du COO)
Contexte :
- Secteur : SaaS B2B (gestion de projets)
- CA : CHF 6M ARR (+120% YoY)
- Équipe : 45 personnes
- Localisation : Lausanne
- Événement : Démission surprise du COO (dans l'entreprise depuis 3 ans)
Problème :
Le COO démissionne avec 1 mois de préavis.
Raison : Offre concurrente (scale-up qui lui propose COO + equity à 2x son salaire actuel)
Problème immédiat :
Le COO gérait :
- Toutes les opérations (engineering 20 personnes, produit 8 personnes, support 7 personnes)
- La roadmap produit (priorisation, arbitrages)
- Le delivery (respect des deadlines clients)
- Les relations avec les 10 plus gros clients (enterprise accounts)
Impact à J+30 (fin du préavis) :
- CEO seul aux commandes : doit gérer 45 personnes + stratégie + investisseurs
- Équipe engineering en panique : "Qui va nous manager ?"
- Roadmap produit bloquée : personne ne peut arbitrer les priorités
- Risque de rupture dans le delivery : 2 projets clients critiques (CHF 400K) en danger
- Tensions internes : engineering vs produit (conflits de priorisation)
- Risque de départs en cascade : 3 engineers clés menacent de partir
Intervention (Interim COO, 4 mois, 4j/semaine) :
Mois 1 : Stabilisation urgente
Actions :
- Prise en main immédiate des opérations (engineering, produit, support)
- Sécurisation roadmap : clarification des priorités, RACI sur chaque projet
- Rassurance équipe : 1-on-1 avec les 35 personnes opérationnelles
- Message : "Je suis là pour vous aider, pas pour tout changer"
- Sécurisation des 2 projets clients critiques : ressources allouées, deadlines confirmées
- Résolution conflits engineering vs produit : médiation, clarification des rôles
Mois 2-3 : Documentation + Rituels
Actions :
- Documentation des process critiques : roadmap, arbitrages, delivery, support
- Objectif : ne plus dépendre d'une seule personne
- Installation rituels : weekly engineering, weekly produit, sprint reviews
- Formation des team leads : coaching, délégation, autonomie
- Préparation recrutement COO permanent : profil, job description, sourcing
Mois 4 : Passation
Actions :
- Recrutement COO permanent finalisé
- Onboarding du nouveau COO (2 semaines avec l'interim COO)
- Passation complète : documentation, introduction équipe, transfert de responsabilités
Résultat après 4 mois :
✅ Zéro départ clé : les 3 engineers qui voulaient partir sont restés
✅ Projets clients livrés : les 2 projets critiques (CHF 400K) livrés en temps et en heure
✅ Levée de fonds maintenue : Series B (CHF 12M) bouclée comme prévu (sans le chaos, elle aurait été reportée)
✅ Roadmap stabilisée : équipe sait ce qu'elle fait pour les 6 prochains mois
✅ COO permanent recruté : passation fluide, onboarding réussi
Coût de l'intervention : CHF 80K (4 mois x CHF 20K/mois)
ROI :
- Évitement du chaos : CHF 500K+ (turnover évité + projets livrés + levée maintenue)
- Levée Series B : CHF 12M (qui aurait été reportée ou annulée)
- ROI : 6-150x l'investissement
7. Comment savoir si vous avez besoin d'un renfort exécutif temporaire ?
Checklist d'auto-diagnostic :
☑️ Le CEO consacre >60% de son temps à l'opérationnel
Pourquoi c'est un problème :
Le CEO doit être à 70% sur la stratégie (vision, développement commercial, investisseurs, recrutements clés).
Si il est à 70% dans l'opérationnel, l'entreprise perd sa direction.
Signal d'alerte :
Vous passez vos journées à "éteindre des feux" et vous n'avez plus de temps pour penser à long terme.
☑️ Les décisions importantes prennent >3 semaines
Pourquoi c'est un problème :
Dans une période de transition, la rapidité de décision est critique. 3 semaines = opportunités perdues, équipe qui s'impatiente.
Signal d'alerte :
Vous avez 5+ décisions en attente depuis plusieurs semaines et vous ne trouvez pas le temps de les traiter.
☑️ Les équipes disent "on ne sait plus ce qui est prioritaire"
Pourquoi c'est un problème :
Sans clarté sur les priorités, chacun tire dans une direction différente. Dispersion = rien n'aboutit.
Signal d'alerte :
Vos collaborateurs vous demandent régulièrement "C'est quoi la priorité ?" ou "On fait quoi en premier ?"
☑️ Le turnover augmente depuis 6 mois
Pourquoi c'est un problème :
Un turnover qui passe de 11% à 20%+ est un signal d'alarme. Les talents quittent car ils ne supportent plus le chaos.
Signal d'alerte :
Vous avez perdu 3+ personnes clés en 6 mois et d'autres menacent de partir.
☑️ Le board demande des garanties / un plan
Pourquoi c'est un problème :
Si le board/investisseurs s'inquiètent ouvertement, c'est que vous avez perdu leur confiance. Il faut agir vite.
Signal d'alerte :
Le lead investor vous demande : "Vous avez besoin d'aide ?" ou "On devrait discuter d'un plan B".
☑️ Vous lancez simultanément transformation + recrutement + delivery
Pourquoi c'est un problème :
Gérer 3 chantiers majeurs en même temps dépasse la capacité d'une organisation normale. Vous êtes en surcharge.
Signal d'alerte :
Vous devez recruter 20 personnes, transformer votre business model ET livrer vos projets clients... en même temps.
☑️ Un dirigeant clé est parti (ou va partir)
Pourquoi c'est un problème :
Le départ d'un COO, CFO, CTO ou Head of Sales crée un vide de leadership que le CEO ne peut pas combler seul.
Signal d'alerte :
Votre COO/CFO/CTO vient de démissionner et vous n'avez pas de plan B.
Interprétation :
- 0-1 critère : Vous gérez la transition correctement
- 2-3 critères : ⚠️ Transition à risque → renfort recommandé
- 4+ critères : 🚨 Crise de leadership → renfort urgent
Besoin d'un diagnostic rapide ?
Diagnostic flash (1 jour) : CHF 2'000
- Entretiens CEO + comex
- Analyse des risques critiques
- Recommandations actionnables (go/no-go renfort externe)
8. Conclusion : Traverser la transition sans casse
Message clé :
Une transition ne doit pas être subie. Elle peut être maîtrisée — et même devenir un avantage stratégique.
Les données le prouvent :
Selon l'IMD Business School (Lausanne, 2024), les entreprises qui sécurisent leur leadership pendant les transitions ont :
- 2.4x plus de chances de réussir la transition
- Un turnover 3x inférieur (8% vs 24%)
- Une croissance 1.8x supérieure dans les 12 mois post-transition
Avec un leadership temporairement renforcé, vous pouvez :
✅ Reprendre le contrôle
- Décisions 3x plus rapides
- Projets débloqués
- Organisation stabilisée
✅ Sécuriser vos équipes
- Clarté retrouvée
- Stress qui retombe
- Turnover divisé par 2-3
✅ Accélérer l'exécution
- Rituels de pilotage
- Responsabilités claires
- Focus sur les priorités
✅ Protéger la valeur
- Éviter les départs clés (coût CHF 150-350K/départ)
- Éviter les erreurs stratégiques (coût CHF 500K-2M)
- Maintenir la confiance board/investisseurs
✅ Préparer la prochaine phase de croissance
- Documentation des process
- Formation des équipes
- Recrutements clés réussis
Et surtout :
Le CEO retrouve le calme nécessaire pour redevenir stratégique, pas pompier en chef.
Témoignage anonyme (CEO, scale-up tech post-levée) :
"Avant l'arrivée du COO externe, j'étais en mode survie. 70h/semaine, pas de temps pour ma famille, stress permanent. Je n'étais plus CEO, j'étais pompier.
Avec le COO externe, j'ai retrouvé mon rôle. Il gère l'opérationnel, je gère la stratégie et la vision. Je travaille 55h/semaine, je dors mieux, je suis plus serein. Et l'entreprise va 10x mieux."
Besoin d'aide pour traverser votre transition ?
Option 1 : Diagnostic flash (1 jour)
Objectif : Identifier les risques critiques et recommander un plan d'action
Contenu :
- Entretiens CEO + comex
- Analyse des risques
- Recommandations (go/no-go renfort externe)
Option 2 : Renfort exécutif temporaire (3-12 mois)
Formats disponibles :
COO / CFO / Head of Ops fractionnel
- 1-3 jours/semaine
- Pilotage opérationnel complet
- Structuration + exécution
Interim Executive (transition management)
- 3-5 jours/semaine
- Gestion complète d'un chantier (transformation, M&A, scale, restructuration)
- Passation au permanent ou promotion interne
Programme Director
- 2-4 jours/semaine
- Pilotage d'un programme complexe (multi-projets)
- Coordination, déblocage, livraison
Option 3 : Sparring partner pour CEO
Objectif : Soutien stratégique et opérationnel pour le CEO pendant la transition
Format :
- 1 journée/semaine ou 2 demi-journées/semaine
- Sparring stratégique
- Déblocage des situations complexes
- Préparation boards
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Sources citées dans cet article :
- Swiss Venture Capital Report 2024 (Startups.ch & SECA)
- digitalswitzerland - Étude 2023 sur les PME suisses et les périodes de transition critiques
- HES-SO - Enquête 2023 auprès de 180 PME romandes
- IMD Business School (Lausanne) - Étude 2024 sur le leadership en période de transition
- Université de St-Gallen - Étude 2023 sur 150 CEOs de scale-ups suisses
- ZHAW School of Management - Baromètre du management 2023
- Université de Lausanne (UNIL) - Faculté HEC - Étude 2023 sur la vitesse de décision
- Office fédéral de la statistique (OFS) - Données 2023 sur le coût des départs
- Baromètre de la confiance en entreprise 2024 (gfs.bern pour digitalswitzerland)